IIIe Symposium Biblique International en Angola
Le IIIe Symposium Biblique International, sur le thème « La Bible et les faims de l’Afrique », organisé par la Commission épiscopale pour la Pastorale biblique de la Conférence épiscopale d’Angola et de São Tomé (CEAST), s’est déroulé du 17 au 19 septembre 2026 à Luanda, à l’Extension de l’Université catholique d’Angola (UCAN), sous la devise « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6,35).
Le Symposium a réuni des biblistes, des théologiens, des chercheurs, des agents pastoraux et des participants venus de différents pays et contextes, dans le but de mettre la Parole de Dieu en dialogue avec les expériences concrètes des peuples africains : leurs faims, leurs soifs, leurs blessures, leurs espérances et leurs aspirations.
La première journée s’est ouverte par une séance solennelle à l’UCAN, suivie de la conférence inaugurale « De quoi l’Afrique a-t-elle faim ? La Bible face aux faims du continent », donnée par le P. Bonifácio Tchimboto, directeur national de la Commission épiscopale pour la Pastorale biblique de la CEAST.
Le premier panel, La faim et la soif dans l’expérience biblique, a donné la parole au P. Israel José Ndumbu CMF (Institut biblique pontifical, Rome), sur la faim de Jésus dans la géographie et l’eschatologie des Évangiles synoptiques ; au P. José P. Nazário (Université San Dámaso, Madrid), sur la question de Jésus « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » (Jn 6,5) comme appel à la responsabilité de la communauté ; et à Sr Dr Kanza Mbaya Anastasie OSB (RD Congo), sur la soif en Exode 17,1-7.
Le deuxième panel, La faim, la migration et l’hospitalité dans l’Écriture, a rapproché les récits bibliques des réalités actuelles de la pauvreté et des déplacements. Le Rév. Prof. Albert Ngengi Mundele (CUEA, Nairobi) a proposé une lecture africaine de Goshen (Gn 46,29) comme salut pour des migrants affamés ; Don Marcellin Kpeou (Diocèse de Rome) a présenté la parabole du Père miséricordieux (Lc 15,11-32) comme appel à une Afrique de frères réconciliés autour du banquet ; et le P. Moisés E. K. Kapitango (Institut biblique pontifical, Rome) a analysé la faim comme fil conducteur de la migration dans le cycle patriarcal, à la lumière de la situation de l’Afrique australe et de l’Angola.
Lors de la deuxième journée, le troisième panel a abordé Les faims de justice, de dignité et de vie, avec les contributions du P. Cláudio Zua (Séminaire archidiocésain de Luanda) sur 2 Rois 6,25-30 ; du P. Jerónimo Kahinga (Université catholique d’Angola) sur la faim et la soif dans la Bible hébraïque et dans l’Afrique contemporaine ; et du P. André Macala (Grand Séminaire du Bon Pasteur, Benguela) sur le cri des victimes de la violence comme faim de justice et de vie à la lumière d’Apocalypse 6,9-11. Une table ronde autour de la question « Quelles réponses aux faims de l’Afrique ? Bible, Église, société et responsabilité collective » a réuni biblistes, théologiens, chercheurs en sciences sociales, agents pastoraux et représentants de la société civile. L’après-midi, les participants ont visité des lieux d’intérêt historique, culturel et religieux de Luanda.
Parmi les invités internationaux figurait le P. Jan J. Stefanów SVD, secrétaire général de la Fédération Biblique Catholique, qui a encouragé les participants à faire parvenir les fruits du Symposium aux paroisses, aux communautés chrétiennes, aux séminaires, aux groupes bibliques et aux médias. « L’Écriture ne nous permet jamais de choisir entre la faim du corps et la faim de l’âme ; elle nous oblige à prendre les deux au sérieux », a-t-il affirmé. Le P. Salvador Pereira a présenté les notes conclusives du Symposium.
Dans leur communiqué final, « De la Parole écoutée à l’engagement pour la vie », les participants reconnaissent que les faims de l’Afrique ne se réduisent pas au manque de nourriture, mais se manifestent aussi dans les relations sociales, dans les structures de justice, dans la vie politique et dans les aspirations spirituelles des peuples. Ils réaffirment la nécessité d’une lecture africaine et contextuelle de la Bible et s’engagent à renforcer la recherche et la formation bibliques, à approfondir le lien entre Bible et justice, à promouvoir l’hospitalité et la solidarité envers les migrants, les pauvres et les déplacés, à favoriser la réconciliation et la paix, et à transformer la Parole écoutée en Parole vécue.
Le Symposium s’est conclu le samedi 19 septembre par une célébration eucharistique d’action de grâce en la Cathédrale de Caxito, présidée par Mgr Estanislau, vice-président de la CEAST, au cours de laquelle les participants ont été envoyés pour témoigner du Christ, Pain de Vie, face aux multiples faims de l’humanité. Les participants ont exprimé leur gratitude à la CEAST, à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis pour son soutien, à l’Université catholique d’Angola pour son accueil, ainsi qu’au Diocèse de Caxito et à son évêque pour leur hospitalité fraternelle.
Sources : Programme et Communiqué final du IIIe Symposium Biblique International ; ACI Africa
IIIe Symposium Biblique International - Communiqué final
De la Parole écoutée à l’engagement pour la vie
Nous, participants au IIIe Symposium Biblique International, réunis à Luanda du 17 au 19 septembre 2026 à l’Extension de l’Université catholique d’Angola (UCAN), sur le thème « La Bible et les faims de l’Afrique » et éclairés par la devise de Jn 6,35, rendons grâce à Dieu pour cette rencontre de réflexion biblique, académique, ecclésiale et culturelle.
Nous reconnaissons que les faims de l’Afrique ne se réduisent pas au manque de nourriture :
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la faim de pain et d’eau ;
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la faim de justice et de dignité ;
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la faim de paix, d’appartenance et d’hospitalité ;
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la faim de sens, d’espérance et de vie ;
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la faim de réconciliation et de paix.
Nous réaffirmons l’importance d’une lecture africaine de la Bible, comprise comme un véritable dialogue entre la Parole de Dieu et l’expérience historique, culturelle, linguistique et spirituelle des peuples africains. Nous ne voulons pas simplement parler de l’Afrique à partir de la Bible. Nous voulons permettre à l’Afrique de parler avec la Bible et à la Bible de parler avec l’Afrique.
Inspirés par Jésus-Christ, le Pain de Vie, nous voulons poursuivre le chemin : de la faim au partage ; de la migration à l’hospitalité ; de la violence à la justice ; de l’exclusion à la dignité ; de la division à la réconciliation ; de l’esprit partisan à la citoyenneté ; du désespoir à l’espérance (...)